SKLAROFF Sonya

    Sonya SKLAROFF


    Née en 1970. Sonya Sklaroff a grandi dans le quartier de Center City à Philadelphie. Elle a obtenu son diplôme des beaux-arts à la Rhodes Island School of Design de Providence. Après l’université, elle s’installe à New York en 1992 où elle termine son master en beaux-arts à la Parsons School of Design. Elle vit et travaille à New York. Son expérience de la ville a nettement influencé son travail : la circulation aux carrefours de Manhattan, les silhouettes des réservoirs d’eau au-dessus des toits, les immeubles monumentaux étincelants figurent parmi les sujets qu’elle a le plus souvent traités. Mais, même dans les paysages où les fermes sont perchées sur une colline ou émergent d’un bosquet d’arbres, elle est souvent attirée par ce qui est banal. Elle n’exclut pas les marques rudes de la présence humaine contemporaine telles qu’un enchevêtrement de lignes téléphoniques qui fait irruption dans une belle étendue de ciel. 
    La lumière qui illumine ces tableaux est rarement celle, écrasante, du soleil au zénith par une belle journée. Le plus souvent, Sklaroff est attirée par les heures plus subtiles de la journée, crépuscule naissant, flou de l’aube. Le soin qu’elle apporte au traitement de l’ombre et de la lumière constitue ce qui crée l’atmosphère de ses tableaux et ce qui fait que le spectateur scrute, cherche, prend du recul puis se rapproche. L’autre composant de cet effet fascinant vient du sens aigu qu’a Sklaroff de la composition. Il arrive que le ciel occupe la majeure partie de la composition, mais cette étendue pure et dégagée est contrebalancée par un fragment puissant et sombre d’immeuble en briques placé sur un côté par exemple ou par les lignes courbes et provocantes d’un réverbère de fer forgé positionné au premier plan et au centre du tableau.
    Les réservoirs d’eau, qui sont devenus le « symbole » des paysages de Sklaroff, constituent le point de force fondamentale de ses compositions. Dans les scènes de jour, ils apparaissent clairement et minutieusement définis avec leurs lattes de bois verticales et leurs bases de métal asymétriques. Quand ils se détachent d’un ciel crépusculaire bleu profond, ils s’aplatissent, deviennent plus froids en virant au gris. Ces édifices semblent constituer une ville en soi penchée au-dessus d’immeubles élégants et fonctionnels également. Ce sont des éléments qui dénotent, réminiscences d’une époque plus ancienne et plus simple, mais pourtant indispensable. Ils structurent des cieux étourdissants, se dressent comme les flèches des églises. 
    L’œuvre de cette jeune artiste a beaucoup attiré l’attention en très peu de temps. Ses agents l’ont découverte en 2000. Prenant conscience du talent rare qu’ils avaient rencontré, ils ont pris en main la carrière de Sklaroff, lui permettant ainsi de se consacrer à la peinture. Les agents et l’artiste sont complémentaires et même en période de marasme économique, les tableaux de Sklaroff se sont très bien vendus. Elle a beaucoup exposé aux États-Unis et est aujourd’hui prête à conquérir l’étranger. On retrouve ses tableaux dans des collections privées et dans des collections d’entreprises. Elle est souvent invitée à faire des conférences dans des musées ou des universités. Le New York Times ou le Washington Post lui ont consacré des articles. Sklaroff a également reçu beaucoup de prix et de récompenses ainsi qu’une bourse du Lower Manhattan Cultural Council. Cette bourse, faisant partie du World View Project, lui a donné accès à un atelier au quatre-vingt-onzième étage de la première tour du World Trade Center.